Oscar Wilde
Ecrire un livre documentaire c'est un peu comme vagabonder dans l'enceinte dans un labyrinthe composé d'une
infinité de portes. Chaque porte est un choix et chaque choix doit vous rapprocher un peu plus de votre sujet. La majeur partie de mon travail consiste donc à faire les bons choix au milieu
d'une multitude de possibilités et ensuite, de m'y tenir.
La décision de partir à Glasgow ce week end pour assister aux Celtic Connections ne fut pas difficile à prendre.
Le samedi 24, le festival organisait plusieurs concerts en l'honneur de Robert Burns. Le hasard cependant nous offrit quelques bonnes surprises supplémentaires. Le même jour le
royal concert hall accueillait pour l'Annual Piping Concert, le Strathclyde Police Pipe Band de Glasgow (bonne occasion pour nous de débuter nos recherches sur la cornemuse) et le bagad
Cap Caval (que vous connaissez sûrement si vous vous intéressez de près ou de loin au bagadou). En retirant les billets à l'entrée je me renseigne alors pour savoir si l'on peut rencontrer
le groupe après le concert. Evidemment on me demande lequel. Etant passionnée depuis longtemps par le son des Bagad, je me mords la lèvre et je reste concentrée sur mon travail , "The scottish
Band please". Apparemment rien n'est plus facile que de discuter avec eux au bar de l'auditorium après le concert.
Il est toujours très délicat de parler de musique, parce qu'elle s'arrangera toujours pour échapper aux
mots. Je n'ai pas en ma possession d'enregistrements du Strathclyde ou du Bagad cap Caval, mais je fais de mon mieux en vous proposant à l'écoute le morceau d'un Pipe Band
écossais, lequel me permet de partager avec vous un peu de cette ambiance intemporelle dans laquelle nous avons évoluée toute la journée.
Le bar est assailli par une joyeuse foule et au milieu de tous se dresse un grand bonhomme tout de kilt vêtu.
Reconnaissant alors le costume du Strathclyde Police Pipe Band, je me dirige droit sur lui et le salue.
Ici commence la nouvelle que j'écris sur Allan W.Hamilton, joueur de cornemuse de son état depuis plus de
cinquante ans, c'est donc ici aussi que je m'arrête afin de ne pas vous dévoiler dès à présent toute l'histoire. Sachez ceci cependant, désormais nous rencontrons Allan presque chaque semaine à
Glasgow pour retracer son incroyable histoire.
Revenons aux Celtic connections. Le festival organisait un "marathon Robert Burns" de douze heures de concerts
non-stop dans l'une de ces nombreuses salles de spectacles. Et c'est là que nous passions notre "temps libre", découvrant tout à tour les artistes écossais venus rendre hommage au
poète.
En Ecosse, les festivités célèbrant le 250ème anniversaire de R.Burns auront duré une semaine. Le dimanche,
confortablement installées au White Hart (l'un des plus fameux et des plus anciens pubs d'Edimbourg), c'est avec une attention toute particulière que nous écoutions la lecture des poèmes de Burns
par James Findlay.
Ce vieux matelot de la Royale Navy nous donna ensuite une leçon d'histoire et de littérature pendant plus de trois
heures. A sept heures du soir, James nous invita à boire un verre de whisky pour porter un toast au poète.
Les chanteurs se succédèrent jusqu'à tard dans la nuit pour faire revivre ces chansons si anciennes ancrées dans
la culture écossaise depuis le 18ème siècle. La musique de Burns s'infiltrait partout dans les rues d'Edimbourg et parvenait encore jsuqu'à nous alors que nous fermions enfin nos yeux brûlants de
fatigue sur cette nuit poètique.
1